Archives pour décembre 2008

L’imagination ou la mort

Jeudi 18 décembre 2008

Je crois qu’il faut comprendre une fois pour toutes que nous sommes témoins d’une période charnière de l’expérience humaine. Les principales institutions de l’État sont en pleine déliquescence et le capitalisme triomphant, poussant sa logique jusqu’à ses derniers retranchements, vit ses dernières années, victime de ses succès. La plupart des idées centrales du productivisme libéral, marxiste et social-démocrate sont discréditées et n’attirent guère plus que cynisme et mépris.

La situation est telle qu’il ne nous reste qu’à rêver de nouvelles façons de vivre et d’aimer, d’expérimenter immédiatement de nouveaux agencements pour que l’ordre horrible qui nous écrase soit vidé de l’intérieur, renversé comme un château de cartes. Or, force est de constater que c’est loin d’être le cas. Pourquoi ?

Je peux me tromper (en fait, je me trompe vachement souvent) mais le principal obstacle à un changement radical allant dans le sens d’une société plus libre me semble moins la résistance acharnée du système que notre manque flagrant d’imagination. La plupart d’entre nous n’avons aucune idée de ce que pourrait être une société qui ne serait pas faite d’aliénation, d’exploitation et de domination — et la plupart d’entre nous ne voulons même pas envisager la possibilité d’avoir à l’imaginer.

Un exemple parmi tant d’autres. Dans tous les sondages d’opinion réalisés à ce sujet depuis plus de trente ans, la majorité des occidentaux ont déclaré, dans une proportion toujours croissante, être profondément insatisfaits de leur travail. Mais lorsque les sondeurs nous demandent si nous continuerions à travailler si nous avions les moyens de cesser de le faire, la plupart d’entre nous répondent encore… oui. Parce que nous n’arrivons tout simplement pas à imaginer ce qu’on pourrait faire de notre temps.

Tentez cette petite expérience : demandez à vos amis d’imaginer comment ils construiraient une société où la criminalité serait inexistante. La majorité d’entre eux vous diront qu’une telle société est impossible, ou qu’ils n’en ont aucune idée. Ceux-là refusent purement et simplement d’utiliser leur imagination. Les autres vous brosseront le portrait d’une société plus répressive et totalitaire que tout ce que nous avons pu connaître — de quoi faire frémir George Orwell lui-même. Pourquoi ? Sûrement pas parce qu’ils désirent une société répressive, mais parce qu’ils ne peuvent penser que selon les termes de la société actuelle, faite de dominations et d’oppressions.

Les occidentaux accusent souvent les sociétés traditionnelles et religieuses du tiers-monde d’être enfermées dans le passé. Mais ils sont eux-mêmes enfermés dans le présent, ce qui n’est guère mieux. Nous souffrons collectivement d’un grave déficit imagination. Et quand je dis nous, j’inclus ceux qui forment ce qu’on désigne habituellement sous le nom de gauche. Sans imagination, les rebelles s’enferment dans un présent fait de manifestations et de protestations qui tourne à vide et qui les transforme, bien malgré eux, en un rouage de plus de l’ordre établi.

La seule façon d’être révolutionnaire est de rêver, encore et toujours, pour faire rêver ses semblables. «L’imagination au pouvoir» criait ma mère en occupant son cégep à l’automne 68; «L’imagination contre les pouvoirs» devrions-nous chanter aujourd’hui. Dans un monde qui s’écroule et se dérobe sous nos pieds, la chose la plus réaliste à faire est de rêver et d’expérimenter.

Allez-y, faites-le, je vous en donne la permission.

Beauté de l’insurrection

Mercredi 17 décembre 2008

Comment ne pas être fascinée par la beauté obscure de l’insurrection étudiante grecque — tous ces gens qui, pendant un court moment, expérimentent d’autres agencements collectifs, d’autres façons de vivre, de lutter…

Émeutes en Grèce
Un témoignage parmi tant d’autres, qui a le mérite (immense, pour moi qui ne lit pas le grec) d’être en français: Émeutes et amour.

Majorité et minorité

Jeudi 11 décembre 2008

Toute cette histoire de normalité — et de normophilie — me fait penser à ce foutu gouvernement majoritaire que Jean Charest a fini par obtenir à sa plus grande satisfaction, après l’avoir appelé de tous ses vœux. Car selon moi, le concept de majorité est tout aussi pervers que celui de normalité.

Le problème de la majorité se pose d’abord dans les termes les plus simple: en acceptant systématiquement la volonté de la majorité telle qu’exprimée par les exercices électoraux, la démocratie accorde au plus grand nombre le droit de tyranniser la minorité. Dans le contexte démocratique où le gagnant rafle tout, les minorités n’ont que très peu d’influence sur les décisions politiques. Et comme si ce n’était pas déjà assez scandaleux, les majorités démocratiques ne sont même pas de vraies majorités, mais la minorité numériquement la plus importante. L’exemple du scrutin de lundi dernier est des plus éclairants, puisque le parti libéral du Québec a pris le pouvoir avec 42% des voix exprimés… ce qui veut dire que 24% des électeurs inscrits ont voté pour eux, si on tient compte du taux d’abstention (record) de 43%. La conséquence est que pour les différentes minorités qui forment la majorité réelle, les démocraties n’offrent pas plus de liberté que le despotisme et la dictature.

Mais ça ne s’arrête pas là. En entretenant l’illusion de la participation de tous aux affaires de la Cité, la démocratie permet aux majorités de justifier toutes leurs actions, même les plus répugnantes. Et puisque les démocraties disent permettre la participation de tout un chacun dans le processus politique, il est sans danger pour le pouvoir établi que des votes soient dirigés vers les opinions minoritaires, puisque ces voix perdues ne servent qu’à renforcer légitimité de la position majoritaire. De la même manière, si des individus décident de ne pas participer au scrutin, ce choix peut tout aussi bien être interprété comme un consentement à l’opinion majoritaire puisque ces individus auraient été libres de voter contre l’opinion majoritaire s’ils l’avaient voulu. Il n’y a pas d’issue possible à la justification démocratique.

Et je ne parle pas du caractère profondément inique du principe «une personne un vote» qui ne tient aucun compte de l’importance de la préférence individuelle. Deux électeurs vaguement intéressés à faire quelque chose peuvent gagner contre mon opposition acharnée et passionnée. Comme quatre électeurs hétérosexuels vaguement bornés peuvent empêcher deux électeurs homosexuels de se marier, comme on a pu le constater en Californie le mois passé.

Voilà pourquoi les exercices démocratiques ne menacent jamais l’ordre établi. Comme le disait si bien Errico Malatesta, le fait d’être appuyé par une majorité ne prouve en rien la justesse de sa cause. Les progrès de la liberté individuelle ont toujours été accomplis par des individus et des minorités; les majorités sont de par leur nature lentes, conservatrices et soumises aux forces supérieures du pouvoir établi. Et elles le sont pour une raison bien simple: parce que la majorité, c’est personne.

On ne s’en sort pas, majorité et normalité sont des phénomènes intimement liés. Selon Deleuze et Guattari, la majorité désigne un certain agencement de pouvoir qui sélectionne un étalon et dégage des constantes à partir de devenirs préexistants. Or, il appert dans les faits que cet étalon est vide et que « la majorité, c’est toujours personne », puisqu’il s’agit d’un modèle abstrait, comme par exemple le fameux « homme-mâle-adulte-blanc-montréalais-francophone-catholique-hétérosexuel-issu de la classe moyenne-qui aime les sapins de Noël ». Personne ne correspond jamais strictement à ce modèle; chacun dévie sur un point ou sur un autre — « un grain de beauté, une excroissance peuvent suffire » pour en diverger, comme le disaient non sans humour nos deux compères. C’est pourquoi Deleuze opposait « le fait majoritaire de personne» au « devenir-minoritaire de tout le monde ». Gouverner en s’appuyant sur la majorité ne correspond à rien d’autre que d’exercer le pouvoir à l’encontre de tous au nom d’une catégorie vide.

Bref, nous sommes tous minoritaires et la majorité, c’est personne — ce qui explique pourquoi la majorité est toujours silencieuse!

Suis-je normale, docteur ?

Mardi 9 décembre 2008

Je viens de passer trois jours entre les griffes d’un vieux pervers atteint de normophilie. J’en ai encore froid dans le dos.

Ma mère devant s’absenter du foyer conjugal, elle me demanda d’aller séjourner chez elle, histoire de garder mes deux demi-frères et de donner un coup de main à son Jacques de mari, qui n’est pas très doué pour la cuisine. J’ai eu donc tout le loisir d’observer les mœurs domestiques du directeur-de-polyvalente-ex-animateur-de-pastorale-d’Amérique dans son milieu de vie naturel et surtout, d’être exposée à son discours pervers et tordu.

La normophilie de cet homme en est à un stade pathologique. Il angoisse à l’idée de ne pas se conformer aux règles en vigueur et applique avec obsession l’idée manichéenne que le monde se divise entre ce qui est normal (et bon) et ce qui est anormal (et mauvais). Les symptômes de sa normophilie se déclinent en une suite de perversions mineures: pudeurophilie (jouir d’exposer le moins de peau possible), réglophilie (jouir que de ses papiers sont en règle), ordophilie (jouir que son tiroir à chaussettes soit bien en ordre), pelouzophilie (jouir que son gazon soit vert et taillé de façon uniforme), flicophilie (jouir de voir la police patrouiller son quartier), pressophilie (jouir que ses chemises blanches n’aient pas un seul pli), giclophilie (jouir de n’arroser sa platebande que les jours impairs, comme le stipule le règlement municipal), impôtphilie (jouir de payer ses impôts). En fait, sa vie est une longue suite de stimulations névrosées et banlieusardes, résultat de sa peur obsessive de tomber dans l’anormalité.

J’ai voulu le rassurer en lui disant que la normalité n’est après tout qu’une construction, qu’une convention sociale, religieuse, juridique. Qu’il était normal, par exemple, pour un homme mûr d’aimer les garçons dans la Grèce antique. Comme il est normal, pour les jeunes hommes pubères de certaines tribus des Philippines, d’insérer des perles sous la peau de leur pénis pour en augmenter le volume. Comme il est normal chez les Patagons, d’utiliser un guesquel lors du coït. Qu’il est légitime, voire essentiel de ne pas se conformer aux tabous en vigueur, d’aller contre les usages et les idées reçues. Que c’est même la condition de la conquête de la liberté individuelle et collective.

Mais non. Monsieur tient mordicus à sa normalité toute nord-américaine. Il lui sacrifie ses jours et ses nuits, et peut-être même, à la longue, la vie de ses garçons. Et c’est là qu’il devient un danger public. Les normophiles sont les seuls pervers qui atteignent l’orgasme en imposant leur paraphilie aux autres et qui cessent de jouir lorsqu’ils sont exposés à la dissidence.

«Mais comment me protéger des assauts d’un normophile?», me demandez-vous. Si l’un d’entre eux vous poursuit jusque dans votre chambre en vous faisant la morale, faites comme moi, sortez un vibro de votre sac de voyage et brandissez-le sous son nez en criant «vade retro normophilias!». Il fuira sans demander son reste, le visage blanc comme un linceul, pour aller classer ses vis dans son garage. Votre chaste anormalité sera ainsi préservée.

Ho ho hold your vote

Vendredi 5 décembre 2008

Rigoberto Martinez, le Père Noël votard du Chili
«La naïveté grotesque des enfants fait peine à voir, surtout si l’on veut bien la comparer à la maturité sereine qui caractérise les adultes. Par exemple, l’enfant croit au Père Noël. L’adulte non. L’adulte ne croit pas au Père Noël — il vote.»

— Pierre Desproge

Les promesses électorales n’engagent que ceux qui y croient
Je suis adulte, je ne vote plus !

Banalités électorales de base

Jeudi 4 décembre 2008

(À me remémorer lundi prochain, avant de me rendre dans l’isoloir.)

  1. Lorsque je vote, je n’exerce ni un droit, ni un privilège, et je n’accomplis encore moins un quelconque devoir de citoyen. Voter, c’est faire une faveur au système en lui accordant la légitimité dont il a cruellement besoin.
  2. Le fait d’aller voter ne sert qu’à réaffirmer et à légitimer le pouvoir de l’État, quelque soit votre choix électoral. En votant, il m’arrivera peut-être de participer à la création ou à l’abolition de politiques, de législations. Je pourrai même participer au renouvellement de la classe politique. Mais je n’arriverai jamais à changer le système et ses relations de pouvoir basées sur la domination et l’aliénation de l’individu.
  3. La démocratie limite et de simplifie à l’extrême le spectre des décisions qui peuvent être prises par l’individu, commodément ravalé au rang de citoyen. La démocratie réduit le champ des possibles et étouffe toute possibilité de changement de façon extrêmement efficace. En cela, la démocratie fonctionne essentiellement comme un outil de justification du pouvoir étatique et non comme un mode de participation des individus aux décisions collectives.
  4. La démocratie est une source institutionnalisée d’aliénation. En démocratie, les rêves ne sont que pour les rêveurs, les désirs sont continuellement confrontés à l’impossibilité de l’action, à l’impossibilité de leur réalisation. L’individu démocratique ne s’appartient plus lui-même ; il appartient à la majorité démocratique.
  5. Les exercices démocratiques ne menacent jamais l’ordre établi. Les progrès de la liberté ont toujours été accomplis par des individus et des minorités ; les majorités sont de par leur nature lentes, conservatrices et soumises aux forces supérieures des castes du pouvoir.
  6. Il ne peut y avoir de démocratie sans démagogie. Toutes les démocraties y succombent un jour ou l’autre, désireuses qu’elles sont de manufacturer le consentement à partir des peurs, des espoirs, des préjugés et des colères confuses des masses aliénées et démunies. La démagogie n’est pas une scorie de la démocratie mais son visage le plus authentique.
  7. Les démocraties savent être aussi racistes, nationalistes, impérialistes et militaristes que les dictatures. Et surtout, elles hésitent rarement quand vient le temps de discriminer, d’exécuter, de torturer et de réduire au silence les individus. Ce qui distingue les démocraties des autres systèmes, c’est qu’elles oppriment et aliènent en se parant des atours de la volonté collective, en se présentant comme l’incarnation même de la liberté — ce qui les rend particulièrement insidieuses, efficaces et pérennes.
  8. La démocratie n’est pas la solution mais une partie du problème. Si je participe au problème, je n’en verrai jamais la fin.

Shirley Temple for Prime Minister

Mercredi 3 décembre 2008

Shirley Temple

Je relisais ce matin La grande dépression: témoignages des années perdues de Barry Broadfoot en contemplant avec effroi les fantômes de la Crise des années trente — chômeurs, soupes populaires, dust bowl, camps de travail, hobos de track — défiler devant mes yeux lorsque des échos radiophoniques de la crise parlementaire vinrent me chatouiller les oreilles. C’est alors que j’ai pensé à Shirley Temple.

Elle n’avait que cinq ans mais savait chanter, jouer la comédie et danser à claquettes. Elle était belle comme un cœur avec ses boucles blondes et était si mignonne qu’elle exsudait la cuterie par tous les pores de son anatomie. Alors que des millions de personnes luttaient quotidiennement pour survivre dans une société hostile en plein état de déliquescence, ses films sirupeux réchauffaient l’âme des damnés de la terre et autres forçats de la faim en leur permettant, ne serait-ce qu’une heure, d’oublier que le capitalisme en banqueroute avait volé leur vie. Shirley Temple offrait le spectacle d’une enfance douce et heureuse, détachée de toutes les contingences de la réalité — un fix d’opium à bon marché pour un peuple qui en avait rudement besoin.

Je sais qu’elle a aujourd’hui quatre-vingts ans et que ses vieux os ne supporteraient probablement pas de patauger dans la sloche qui recouvre Ottawa en cette saison, mais je crois sincèrement que Shirley Temple est la personne toute désignée pour régler le mélodrame parlementaire dans lequel le gouvernement canadien est plongé. Puisque les gouvernements se sont avérés ineptes pendant les années trente et qu’ils le seront selon toute vraisemblance tout autant pendant les années 2000, l’important est pour eux d’offrir un bon spectacle. Dans un premier temps, il faut agir — voire s’agiter — donner l’impression que quelqu’un fait quelque chose, ce que les divers partis fédéraux font à merveille. Le show est excellent, avec plein de rebondissements, de drame, de cris, de larmes et en prime, un tas de constitutionnalistes qui se contredisent (je suis d’ailleurs surprise de ne pas avoir encore entendu parler de l’affaire King-Byng). Sans compter que ça occupe les tribunes téléphoniques et les blogues politiques a mari usque ad mare… Mais, par la suite, il faudra rassurer le bon peuple, le convaincre que tout va bien aller et surtout lui changer les idées. C’est alors que Shirley Temple entre en scène: en tant que premier ministre, elle pourrait mettre toutes ses facultés à être cute au service de la nation, ce qui permettrait à nous, pauvres crottés que nous sommes, d’oublier que nous allons payer chèrement les égarements de la poignée de privilégiés qui mènent le monde.

Je propose donc un gouvernement de coalition dirigé par Shirley avec un cabinet qui regrouperait les forces vives de la nation: le petit Jérémy Gabriel, Annie Brocoli, un ou deux calinours et toute l’équipe de La cour des grands. Sait-on jamais, le niveau du débat risque même de s’élever. Shirley Temple for Prime Minister!

Hélène Pedneault 1952-2008

Lundi 1 décembre 2008

«Et ne soyez pas de mauvaise foi. Quand je parle de la colère des femmes, je ne parle pas seulement de la colère parfaitement justifiée qu’elles éprouvent d’être encore traitées en subalternes et non en partenaires. Je ne parle pas seulement de la colère dirigée, avec raison, contre le monde des hommes ou certains hommes en particulier. Je parle aussi de la colère des femmes dirigée contre tout ce qui nous diminue collectivement, contre tout ce qui glorifie la mort au détriment de la vie, contre tout ce qui pollue, contre tout ce qui menace l’intégrité et la dignité des êtres humains, contre tout ce qui ment, ne tient pas compte, divise, asservit, terrorise, mutile.

Il faut maintenant revendiquer pour nous cette scie qu’on ne peut plus endurer dans la bouche d’un homme: “T’es belle quand t’es en colère”. Mais il faut ajouter: “T’es puissante quand t’es en colère. T’es utile.” Pratiquer la colère, c’est décider d’être à la même hauteur que ses rêves et ses convictions pour les regarder dans les yeux. C’est être à la hauteur de soi-même, et non plus étriquée, prise comme une minuscule poupée russe à l’intérieur d’un rêve plus grand.

Imaginez quelle formidable énergie de changement serait générée si toutes les colères des femmes étaient admises et canalisées. Si on pouvait engranger l’énergie de la colère des femmes dans une immense génératrice, tout le monde en profiterait : je vous jure qu’on n’aurait plus à se taper les pratiques de mercenaires d’Hydro-Québec! La lumière serait allumée en permanence et nous ne manquerions plus jamais d’électricité en période de grand verglas ou de désert psychique.»

Apologie de la colère des femmes (1999)

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