
Oyez oyez braves gens l’histoire édifiante des taxes et des impôts telle que racontée par le ministère du Revenu du Québec ! Vous allez voir, c’est vachement éducatif. J’y ai compris que l’impôt est un fait de civilisation qui nous a aidés à nous affranchir de la barbarie depuis la plus haute antiquité. Comme en Égypte pharaonique, par exemple, qui avait un sens très judicieux de l’équité sociale, des dépenses publiques et qui ne lésinait pas sur les travaux d’infrastructures. Comme dans l’Europe médiévale, où les serfs étaient drôlement contents de fournir corvées et droit de cuissage à leur seigneur au nom du bien commun. J’y ai aussi appris que les impôts n’ont rien à voir avec un racket de protection, comme j’avais l’ignorance de le croire :
« Sous le règne des rois de France Henri IV, Louis XIII et Louis XIV, soit du 16e au 18e siècle, les soldats étaient si mal payés que, pour compenser, ils pillaient les réserves alimentaires des habitants des villes et villages qu’ils traversaient. Ils semaient ainsi la terreur, ce qui provoquait des révoltes paysannes. Ces désordres ont progressivement diminué lorsque Louis XIV et son ministre Louvois ont créé, vers 1690, un système de casernes pour loger ces « gens de guerre » et ont levé un impôt pour payer la solde des troupes. Désormais sécurisés, les habitants admettaient plus volontiers la levée de cet impôt auquel ils n’avaient pas consenti, mais dont ils comprenaient la nécessité. »
Bref, l’impôt, c’est la sécurité, le progrès, la civilisation et la liberté. Je me demande pourquoi je n’avais pas encore compris ça. Les impôts sont comme l’État, un phénomène quasi naturel et surtout aussi inévitable que la mort, le retour des saisons et la médiocrité de l’information au téléjournal. Mais le clou qui enfonce mon cercueil de pauvre pécheresse fraudeuse et asociale vient à la fin du texte :
« L’évasion fiscale et le travail au noir ont remplacé les faux-sauniers et les pirates contrebandiers des temps anciens. Ces infractions remettent en cause le caractère équitable des impôts directs, parce que les montants non versés par ceux qui échappent au fisc doivent être supportés par les autres contribuables. L’État possède donc des moyens légaux pour faire respecter la Loi de l’impôt, mais on est loin, heureusement, des sanctions imposées en 1565 par le Parlement de Londres, qui consistaient à trancher la main gauche du fraudeur fiscal et à la clouer à l’endroit le plus en vue de la Place du Marché. »
Ouf! Je vais être vachement contente de vivre dans la plussse belle province du plussse beau pays au monde lorsqu’ils vont venir me crisser en prison. Thoreau avait tort: dans les gros impôts, les meilleurs onguents.