Archives pour juillet 2009

Des conservateurs joliment vernis

Vendredi 31 juillet 2009

Je m’excuse à l’avance auprès de tous ceux qui n’entendent rien aux débats byzantins au sujet de doctrines politiques assommantes et marginales, car je m’apprête à disserter interminablement au sujet du libertarianisme. Si vous pensez qu’il s’agit d’un mouvement réclamant la liberté pour Ariane Moffatt ou si les pinaillages idéologiques et le coupage de cheveux en quatre vous rebutent, je vous conseille fortement d’aller faire quelque chose de plus utile que de lire cet article. Allez boire un bon café, c’est ma tournée.

L'effet des thèses libertariennes sur l'individu moyen.

Si vous êtes encore là, c’est qu’il y a fort à parier que vous êtes vous-même un libertarien, que vous allez lire ce truc indigeste jusqu’au bout et que vous n’allez pas être content du tout du tout du tout. Je sens déjà que cette note va se remplir de commentaires désobligeants, car de tous les idéologues, les libertariens sont ceux qui gonflent l’audimat de ce blogue — que voulez-vous, je suis d’une habilité redoutable quand vient le temps d’être désagréable et de faire fuir la clientèle.

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Avec un béret, un G-string et le choeur de l’Armée rouge

Mardi 28 juillet 2009

C’est confirmé: le Parti communiste de Russie est officiellement encore marxiste, tendance Groucho. Selon l’AFP :

«Les communistes russes ont appelé mardi la pop-star américaine Madonna à “ne pas tortiller du derrière” et à chanter un chant révolutionnaire pendant son concert à Saint-Pétersbourg le 2 août pour se montrer digne de la ville, berceau de la Révolution bolchevique.

Popstars de tous les pays, unissez-vous !

“Madonna! Tu chanteras en Russie sur la Place du Palais. Tu dois te rendre compte de ta responsabilité (…). Il ne faut pas tortiller du derrière, ni porter d’habits frivoles”, écrivent les communistes de la deuxième ville russe dans une lettre ouverte postée sur leur site internet.

Ils appellent également la chanteuse à inclure dans son répertoire une chanson révolutionnaire russe, ou bien l’Internationale ou encore la Marseillaise (hymne national français), et de porter un maillot rayé et un béret de marin en brandissant “un drapeau rouge des travailleurs”.

Si toutes ces recommandations sont suivies, les communistes promettent d’aller au concert de Madonna s’”il y a assez d’argent dans la caisse du parti”. »

Je constate toutefois qu’ils ont toujours un goût à chier en ce qui concerne les chants révolutionaaaaîîîres. Tiens, j’ai une suggestion pour eux (et pour elle) :

Les amis de ta femme, Ploum ploum tralala (2000)

Débat mon cul

Dimanche 26 juillet 2009

Je viens d’interdire à quatre internautes de commenter ce blogue. L’un d’entre eux, un charmant Monsieur qui m’a traité de «charrue suceuse de bites» m’a demandé de lui expliquer pourquoi une anar telle que moi ose le priver de son droit sacré à la libre expression. Je lui ai répondu ce qui suit.

Il y a deux dogmes démocratiques qui commencent sérieusement à me pomper l’air : celui de la sacro-sainte liberté d’expression et celui du débat à tout prix.

Avec la montée du web s’est instaurée une dictature de l’opinion. Les opinieux se font entendre partout de façon opiniâtre et ne cessent de crier haut et fort leur droit de raconter leurs trucs même s’ils ne font aucun sens. Et surtout, la dictature de l’opinion fait en sorte que toutes les opinions se valent et doivent être traitées avec le même respect, avec la même déférence. Gare à vous si vous avez l’audace inouïe de couper le sifflet à un opinieux en plein délire, car il criera à l’injustice en dénonçant la censure et en se braillant qu’on a violé sa liberté d’expression.
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Thoreau avait tort

Jeudi 23 juillet 2009

Thoreau

Oyez oyez braves gens l’histoire édifiante des taxes et des impôts telle que racontée par le ministère du Revenu du Québec ! Vous allez voir, c’est vachement éducatif. J’y ai compris que l’impôt est un fait de civilisation qui nous a aidés à nous affranchir de la barbarie depuis la plus haute antiquité. Comme en Égypte pharaonique, par exemple, qui avait un sens très judicieux de l’équité sociale, des dépenses publiques et qui ne lésinait pas sur les travaux d’infrastructures. Comme dans l’Europe médiévale, où les serfs étaient drôlement contents de fournir corvées et droit de cuissage à leur seigneur au nom du bien commun. J’y ai aussi appris que les impôts n’ont rien à voir avec un racket de protection, comme j’avais l’ignorance de le croire :

« Sous le règne des rois de France Henri IV, Louis XIII et Louis XIV, soit du 16e au 18e siècle, les soldats étaient si mal payés que, pour compenser, ils pillaient les réserves alimentaires des habitants des villes et villages qu’ils traversaient. Ils semaient ainsi la terreur, ce qui provoquait des révoltes paysannes. Ces désordres ont progressivement diminué lorsque Louis XIV et son ministre Louvois ont créé, vers 1690, un système de casernes pour loger ces « gens de guerre » et ont levé un impôt pour payer la solde des troupes. Désormais sécurisés, les habitants admettaient plus volontiers la levée de cet impôt auquel ils n’avaient pas consenti, mais dont ils comprenaient la nécessité. »

Bref, l’impôt, c’est la sécurité, le progrès, la civilisation et la liberté. Je me demande pourquoi je n’avais pas encore compris ça. Les impôts sont comme l’État, un phénomène quasi naturel et surtout aussi inévitable que la mort, le retour des saisons et la médiocrité de l’information au téléjournal. Mais le clou qui enfonce mon cercueil de pauvre pécheresse fraudeuse et asociale vient à la fin du texte :

« L’évasion fiscale et le travail au noir ont remplacé les faux-sauniers et les pirates contrebandiers des temps anciens. Ces infractions remettent en cause le caractère équitable des impôts directs, parce que les montants non versés par ceux qui échappent au fisc doivent être supportés par les autres contribuables. L’État possède donc des moyens légaux pour faire respecter la Loi de l’impôt, mais on est loin, heureusement, des sanctions imposées en 1565 par le Parlement de Londres, qui consistaient à trancher la main gauche du fraudeur fiscal et à la clouer à l’endroit le plus en vue de la Place du Marché. »

Ouf! Je vais être vachement contente de vivre dans la plussse belle province du plussse beau pays au monde lorsqu’ils vont venir me crisser en prison. Thoreau avait tort: dans les gros impôts, les meilleurs onguents.

Ah! Si le Pape était pro-pipe…

Samedi 18 juillet 2009

Selon l’AFP :

«Barack Obama s’est engagé lors de sa rencontre avec Benoît XVI à tenter de réduire le nombre des avortements aux Etats-Unis, selon le Vatican. Le cardinal Bertone a exprimé l’espoir samedi qu’il tiendrait son engagement.»

Hope & Pope

S’il s’était s’agit de Bill Clinton, on aurait su comment Mister President s’y serait pris pour honorer sa promesse faite au Pape: cesser d’engager de jeunes et jolies stagiaires à la Maison Blanche. Obama étant quant à lui beaucoup trop occupé à resserrer les liens entre l’État fédéral américain et la grande entreprise pour folâtrer les pantalons aux chevilles dans le bureau ovale, je me demande bien comment il va  accomplir un tel exploit.

Car il n’y a que deux manières de diminuer le nombre d’avortements: on peut l’interdire et inciter les gens à la chasteté ou on peut miser sur l’éducation sexuelle et favoriser largement l’accès à la contraception. Ne pouvant pas vraiment abolir l’avortement pour des raisons politiques et constitutionnelles, l’administration Bush a misé sur la propagande de la chasteté avec le (peu) de résultats qu’on sait. Comme je serais très surprise qu’Obama adopte la deuxième solution, j’ai bien peur que le cardinal Bertone sera vachement déçu.

À mon humble avis (de femme si peu humble), c’est sur l’éducation sexuelle qu’il faut miser. Au Québec, l’accès à la contraception est facile et pourtant la province arrive au premier rang canadien quant au taux de grossesses se terminant par un avortement. La raison de ce triste record est simple: malgré l’atmosphère sociale hypersexuée créée et entretenue par les médias pour de raisons mercantiles, les Québécois sont sous-éduqués et maintenus, pour l’essentiel, dans un état de misère sexuelle stupéfiant. J’en ai la preuve régulièrement lorsque le facteur vient me remettre le courrier des lectrices du magazine FA; le niveau d’ignorance des questions est similaire à celle que Madame X recevait dans les années soixante.

Dieu (qui n’existe pas) sait si je n’aime pas l’école. Mais tant qu’à  regrouper les jeunes chaque jour sous un même toit pour les abrutir et les transformer en corps dociles pour le marché aux esclaves de l’emploi, pourquoi ne pas en profiter pour consacrer quelques heures pour leur offrir quelques informations qui pourraient leur rendre la vie moins pénible — voire même carrément la sauver? Non seulement leur apprendre comment se servir de contraception (je veux dire comment vraiment se servir de contraception, avec atelier pratique sur l’art de mettre un condom, par exemple) mais aussi leur parler sérieusement des pratiques sexuelles non procréatives que sont la fellation, le cunnilinctus la sodomie et la masturbation pratiqués entre partenaires du même sexe ou non…

Je sais, je sais, les poules auront un G-string avant qu’une telle chose se produise, mais reste que ça serait bien plus efficace pour diminuer le nombre d’avortements que n’importe quelle campagne de promotion de la chasteté ou qu’un retour oppressif à l’ère du cintre ensanglanté, malgré ce que Ben Sixteen peut en penser.

Siventès de l’impatience

Lundi 13 juillet 2009

Jamais nous ne serons apaisés
Ô multitude folle riante dansante
Esprits rageurs rebelles et amoureux
Jamais nous ne serons apaisés
Car nous n’avons rien d’autre entre les mains
Que l’urgence de créer nos propres vies
Immédiatement

Jamais nous ne serons apaisés
Car nous sommes les créateurs
Nous créerons le monde que nous désirons
Sans attendre que l’ancien s’écroule
Jamais nous ne serons apaisés
Parias joyeux extatiques
Nous danserons nus sur toutes les frontières

Jamais ils ne seront apaisés
Nous sommes hors de la vue des puissants
Mais ils savent que nous existons
Et ils tremblent de terreur blanche et sourde
Jamais ils ne seront apaisés
Car de nos mondes cachés nous surgissons
Laissant notre marque et nos mots furieux

Jamais ils ne seront apaisés
Tant que des nos voix ocres nous chanterons
Qu’une vie de plaisir orgiaque et d’aventure sauvage
Est possible ci maintenant pour ceux qui osent la créer
Jamais ils ne seront apaisés
Car nous sommes des renégats des hors-la-loi
Et là réside notre force

Jamais nous ne serons apaisés
Car déjà nous apprenons à vivre nos vies pour nous-mêmes
Car déjà nous avons abandonné doctrines, dogmes et masques
Car déjà nous envisageons la société simplement en ennemis
Jamais nous ne serons apaisés
Car ce sont nos étincelles spontanées chaotiques érotiques
Qui allumeront l’incendie qui consumera le monde

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