Je vous offre aujourd’hui un petit fichier audio qui à coup sûr vous défrisera les neurones. Il s’agit de trois entretiens que l’anthropologue Pierre Clastres a accordé à la radio française entre 1967 et 1975. Les sociétés dites sauvages que qu’il a rencontrées et étudiées lui ont apparu comme des sociétés contre l’intérêt, économique et politique — contre l’accumulation des biens matériels (entretiens n°1 et 3) et contre l’exercice du pouvoir de coercition (entretiens n° 2 et 3).
Avant de monter sur vos grands chevaux et surtout de me faire dire ce que je ne veux pas dire, je vous répète que je ne crois pas que les sociétés dites sauvages ou primitives étaient parfaites. Je ne crois pas non plus qu’il faille les singer ou qu’il faille retourner à l’âge de pierre. Mais je crois profondément qu’elles offrent un exemple flagrant d’anarchie à l’œuvre et offrent la démonstration irréfutable qu’il est possible de vivre sans institutions de domination sociale, sans dispositifs de pouvoir qui font que le désir se retourne contre lui-même.